Pourquoi l'éducation positive ?

Tout a commencé avec l'adoption de mon premier chien, Dino. Et pour débuter l'aventure dans le monde canin, je n'ai pas choisi de prendre le chien clé en main. Non non, j'ai décidé d'adopter celui qui avait le moins de chance d'être adopté par des inconnus puisqu'il partait se réfugier dans sa niche au premier bruit suspect... Pour démarrer notre relation sur des bonnes bases et éviter les mauvaises surprises, j'ai commencé son éducation peu de temps après son adoption. Et dans ce monde regorgeant d'outils et de méthodes de tous horizons, il a bien fallu choisir celle qui me paraissait la plus adaptée à sa situation. Utiliser la force et la coercition avec ce chien déjà phobique humain ne me paraissait pas la meilleure stratégie à adopter et je me suis donc tout naturellement tournée vers les méthodes dites positives et respectueuses.

Dino est donc devenu mon premier cobaye, acceptant mes fausses notes, toujours joyeux de travailler et c'est là que je suis complètement tombée dans la marmite éducation positive. Quel bonheur de voir son chien non seulement réclamer les sessions de travail, se mettre à réfléchir de lui-même, prendre des initiatives et surtout prendre confiance en lui et en la vie. 5 ans après, le voilà chien médiateur en maison de retraite et foyer pour handicapés...

Et puis, d'autres chiens sont venus m'accompagner dans la vie de tous les jours, des abandonnés car réactifs congénères, des trop vieux pour être adoptés, des jeunes tout fous avec une fougue à canaliser pour ne pas qu'ils tombent du côté obscur de la force... Avec eux, je me suis de nouveau essayée à l'éducation positive et ils y ont été réceptifs, le papy a appris des choses à 12 ans passés, le petit caïd des bacs à sables a appris à communiquer avec ses congénères et la follasse a appris à se canaliser... Tout ça dans la joie, la bonne humeur, la cohérence et le respect de leur nature profonde.

La tribu s'est ensuite agrandie avec des petits rongeurs et je me suis demandée si eux aussi pouvaient (devaient?) être stimulés mentalement... Vous vous en doutez, la réponse est oui! Et là même dilemme : force ou coopération... avec ces petites bêtes pas trop le choix non plus et ils ont donc été initiés à l'éducation positive pour faire travailler leur petit cerveau...

Et c'est ainsi que tout ce beau petit monde cohabite sans que personne ne serve d'apéricube à personne...

C'est bien beau tout ça, mais l'éducation positive, c'est quoi exactement ?

La réponse est simple et complexe à la fois. Pour moi, c'est trouver ce qui motive vraiment le chien, dans 90% des cas c'est donc la friandise qui est utilisée.Et c'est là qu'on me dit, mais mon chien ne risque pas de grossir ou de ne pas m'obéir si je n'ai rien dans les poches? Rassurez-vous, le jeu consiste à donner la friandise de manière intelligente, juste pour accélerer l'apprentissage et ensuite s'en passer... On n'éduque (ou rééduque) pas le chien dans la crainte ou l'obéissance absolue de son maître mais en totale complicité... Une vie en harmonie et en compréhension l'un de l'autre ne vous parait-elle plus enviable qu'une vie à surveiller chaque comportement pour éviter que son chien ne devienne maître du monde??? ( ce qui entre nous n'arrivera pas car le chien a bien d'autres priorités que celle-là!).

Au-delà des outils, c'est également une philosophie de vie : apprendre à observer sans juger, accepter le rythme de tous et trouver le meilleur compromis pour tout le monde. Et quand je dis tout le monde, c'est tout le monde. J'aime les chiens et aussi les humains et je ne suis pas du genre à blâmer les propriétaires sur leur mode de vie et les choix éducatifs qu'ils ont pu faire avant. Le respect et la comphréhension sont pour moi les deux piliers les plus importants dans mon métier. Et rien de tel que quelques images pour vous l'expliquer encore mieux :

Ah mais donc on laisse tout faire au chien alors?

Ah celui-là, c'est l'argument phare contre les méthodes positives: nous vivrions dans un monde de bisounours et dans lequel le chien peut faire tout ce qu'il veut, comme bon lui semble.. Alors disons-le une bonne fois pour toutes : des règles peuvent et doivent être mises en place, avec cohérence et à condition de les expliquer correctement au chien... Des outils en méthode positive existent pour contrôler son chien, lui apprendre à arrêter un comportement gênant, lui apprendre (au choix) à monter ou non sur le canapé, à ne pas mendier à table, à partager ses ressources (jouets, couchage,..),... Mais, plutôt que d'agir en déclenchant le mauvais comportement pour le punir, l'idée est d'intervenir en amont pour éviter que ce comportement ne survienne justement...

Voici un exemple de travail de rééducation, le but étant que le chien ne monte plus sur la table ni aille au contact du lapin sans autorisation. On lui propose alors un comportement acceptable qui est de rester sagement sur un tapis et de n'en sortir que sur ordre de libération. La vidéo représente une étape de ce travail, l'objectif final étant que le chien reste de plus en plus longtemps sur le tapis et la fréquence des friandises va ensuite diminuer jusqu'à quasi disparition :